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BABY PHONE... un huis-clos comique très inégal et surjoué...

Affiche officielle du film

Affiche officielle du film

 

Petite déception à la sortie de la projection en avant-première lundi 13 février de ce film au titre pourtant prometteur.

Un baby phone, ça parle forcément lorsque l'on est soi-même parent d'un bébé de quelques semaines. On pense se retrouver un peu dans l'histoire mais à part le fait d'être aussi parents d'une petite fille et quelques clichés du style : "alors, elle a fait caca ?", et bien non, je n'y ai pas trouvé mon compte.

Le pitch (cf fiche du film sur Allociné) : au détour d’un dîner, les révélations faites à travers le baby-phone d’une chambre d’enfant  vont créer un véritable cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis…

L'idée de départ vient, dixit Olivier Casas, le réalisateur, d'une anecdote rapportée par l'une de ses amies à son épouse et lui-même avant qu'ils deviennent à leur tour parents. Comme on dit, ça a fait "tilt" et le résultat fût d'abord un court métrage diffusé lors de festivals, à commencer par le Festival de l'Alpe d'Huez en 2014, où la transposition en long métrage a également été sélectionnée en janvier 2017, comme une suite logique donnée à ce projet compte tenu du succès public et critique.

Grosso modo, on prend quasiment les mêmes et on recommence : figurent ainsi toujours au casting Pascal Demolon dans le rôle du futur parrain du bébé et Marie-Christine Adam dans celui de la grand-mère tirée à quatre épingles et snob à souhait... et bien-sûr le baby phone, nouvelle marque et nouveau modèle !

A vrai dire, je n'avais pas vu au départ le court métrage originel, cependant fallait-il vraiment en faire un long métrage ? Comme pour toute adaptation, c'est en général une démarche assez périlleuse pour ne pas dire "casse-gueule"... Justement !

C'est intéressant en fin de compte de découvrir ici le récit avec un oeil neuf car en effet, on s'ennuie ferme dans ce huis-clos familial et amical qui vire à l'empoignade générale au bout de quelques minutes, le déclencheur étant ce fameux baby phone resté allumé dans la chambre de bébé (c'est son unique but dans la vie, normalement...) et qui va servir malgré lui à espionner une conversation à la fois compromettante et embarrassante.

Malgré quelques répliques amusantes, l'ensemble est au tout-venant, entre des blagues qui ne font pas mouche systématiquement et des acteurs qui surjouent à fond : mention spéciale à Pascal Demolon et Lannick Gautry qui en font des tonnes.

Bref, ça manque un chouya de naturel tout ça... Et ça enchaîne les quiproquos, les blagues à l'emporte-pièce et la gaudriole. On se croirait dans une pièce de théâtre où les comédiens cabotinent pour arracher des rires à un public hilare. D'accord pour le théâtre, mais au cinéma... J'en reviens à ma question initiale sur la nécessité de passer du court au long. En réalité, pour développer un récit relativement bancal, il fallait bien trouver un fil conducteur - le baby phone du titre donc - à ce huis-clos qui lorgne sur ses cousins On connaît la chanson (1997 - du regretté Alain Resnais), La bûche (1999 - Danièle Thompson), ou encore (vite fait...) Le prénom (2012 - Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte).

Heureusement, l'arrivée providentielle et à mi-chemin de ce que j'appellerai "les deux Z" va changer la donne : Barbara Schulz, en chanteuse pop diva imbuvable, autoritaire mais sensible, et Michel Jonasz, en père et grand-père sortant littéralement de sa léthargie mais néanmoins attentif à tout ce qui se trame autour de lui au cours de cette soirée épique. On saluera aussi la prestation de Anne Marivin en jeune maman délaissée, désabusée, désinvolte, révoltée et touchante (eh oui tout ça !).

Quel dommage enfin d'avoir sous-employé l'angle d'attaque du film : la musique ! Baby phone semblait commencer comme un film "Rock and roll", à l'image de son affiche officielle, qui fait littéralement tourner la tête avec ses personnages en rond et son fond jaune pêchu. La musique, disais-je, disparaît après quelques minutes et revient nous caresser les oreilles quelques minutes avant la fin avec un morceau hyper "tire-larmes" et mélancolique (génial Medi Sadoun très crédible dans le rôle de l'époux qui jongle entre sa carrière de compositeur à la traîne et sa nouvelle vie de papa).

Au final, je devrais évidemment être touché par le titre (c'est ce qui a d'ailleurs attisé ma curiosité) autant que par la situation de ces jeunes parents quadras avec leur bébé de cinq mois (j'en ai un de 3 ans et une toute jeune de 1 mois, autant dire que je connais la musique !). Mais non, cette fois la sauce ne prend pas. C'est long, poussif, on se force presque à rire parfois... Moi qui suis d'ordinaire très bon public, je n'ai pas souvent réagi aux répliques situées en dessous de la ceinture.

En dépit de ses multiples faiblesses, force est de reconnaître que Baby phone est en toile de fond un film sur l'amitié, la parentalité, la vie de couple, l'estime de soi, la confiance et le pardon...

Et à ce propos j'espère que Olivier Casas, qui m'a permis de découvrir son film, me pardonnera cette critique. Je ne suis qu'un critique amateur et loin de moi l'idée d'influer sur le choix des spectateurs d'aller le voir ou non, à l'instar de certains magazines que nous connaissons bien. Au contraire, je ne peux que vous inciter à vous rendre en salles dès le 8 mars, jour de sa sortie, pour vous faire votre propre idée et, je vous le souhaite, passer un excellent moment.

Peut-être étais-je un peu trop "pince-sans-rire" en le regardant.

En tous les cas, la discussion est ouverte et n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires plus bas ;-)

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