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Trumbo... Chronique d'une passion dévorante

Trumbo... Chronique d'une passion dévorante

Cinéphiles de tous poils, ce film est fait pour vous !

Preminger, Douglas, Wayne, en passant par les grands patrons de studios dont Louis B. Meyer et bien-sûr, Dalton Trumbo ! En réalité, tout le gratin a été réuni, ou plutôt ressuscité par Jay Roach le temps d'un biopic sur un des génies fondateurs de Hollywood, multi oscarisé et surtout ciblé par la doctrine MacCarthy.

A l’époque de la Guerre Froide, il fut en effet l'un des 10 de Hollywood, c'est-à-dire les dix producteurs, scénaristes ou réalisateurs de cinéma convoqués en 1947 par la Commission sur les activités antiaméricaines (House Un-American Activities Committee, HUAC).

Après Hitchcock en 2014 (on notera d'ailleurs la présence ici aussi de la délicieuse Helen Mirren, haïssable ici en chroniqueuse à la solde de la propagande anti-rouges) l’intéressé est cette fois-ci incarné par le talentueux Bryan Cranston que l’on ne présente plus depuis son rôle hallucinant et jouissif dans Breaking bad. Révélé par la série humoristique et décalée Malcom, il a désormais a son actif une filmographie longue comme le bras, entre ses débuts en TV et les longs métrages de ces dix dernières années.

Cranston prête ainsi ses traits à Dalton Trumbo dans ce film fascinant sur un personnage passionné autant par son métier de scénariste que par ses élans communistes des débuts et est dirigé par un réalisateur qui nous avait habitués à d’autres registres : la comédie et la parodie (la trilogie Austin Pauwers).

Cette fois c’est du sérieux et le parti pris est palpable à l’écran.

Si le récit débute par la carrière fulgurante d’un auteur prolifique et fastueux, le ton s’aggrave très vite à mesure que l’histoire le rattrape, notamment avec les relents anti-gauchistes et carrément anti-communistes de l’époque. A ce titre, pour les séquences à la Commission, Roach alterne intelligemment les images d'archives et celles tournées en studio pour renforcer le climat de méfiance et l’authenticité des scènes. Le passage par la case prison, autre épisode plus tragique comme le montre très bien le film, équivaut pour Trumbo à une véritable transition voire une résurrection, tant il en ressortira grandi et inspiré pour ses futures contributions au cinéma. Du point de vue scénaristique, Roach a eu le bon goût de souligner l’ironie du sort lorsque le condamné croise son bourreau au détour d’un couloir, lui aussi tombé sous le joug maccarthyste pour ses errements financiers…

Il met également l’accent sur la vie privée de l’auteur. La grande frustration de Trumbo a été de se cacher pour écrire et de ne pas être cité au générique de ses propres œuvres. Le prix à payer pour cette reconnaissance : une famille aimante sacrifiée à sa passion (en passant des heures à écrire dans sa baignoire entre autre excentricité) et à sa révolte, même si la raison et le soutien inconditionnel des siens et de ses pairs l’emporteront sur la peur de l'autre et l’ostracisme.

En toile de fond, n’oublions pas qu’il est question d’épingler l’industrie du cinéma de l’époque, d'où les multiples clins d'œil à des acteurs mondialement célèbres : Wayne, Meyer, Bogart, Douglas... Cette recette est pourtant un brun galvaudée tant elle est utilisée à toutes les sauces dans les récits biographiques. Mais elle prend parfaitement dans Trumbo. Petit bémol en ce qui me concerne : le choix de l’ancien interprète phare de la série militaire JAG pour John Wayne... Je lui préfère le vrai faux Kirk Douglas, déterminé à faire appel au trublion des studios pour porter à l’écran son Spartacus, le gladiateur rebelle de Rome (petite parabole au passage sur la rébellion des 10 de Hollywood ?).

Bref, histoire de briller un peu plus dans vos conversations en société, et surtout pour votre culture personnelle évidemment, je vous conseille vivement d'aller voir ce film génial sur un des épisodes les plus poignants de l’histoire américaine, et en particulier l'histoire du cinéma.

Faut-il déceler dans ce long métrage un message adressé aux millions d'électeurs américains à quelques mois de la prochaine échéance présidentielle ? Trumbo pour contrer Trump ?

Encore un des effets de la magie du cinéma : tout est permis, surtout d'exagérer et de penser librement !

Là dessus, good bye and good luck * !

* petit test pour ceux qui suivent ;-)

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